FARDANIYA

Bismillah Arrahmane  Arrahim

Vous me demandiez, Que Dieu vous accorde sa grâce et vous ouvre la porte de sa Science cachée, de vous révéler de ce que je pourrai vous révéler des Sciences de la Fardaniya et des Fourada. Sachez mes frères que ce MAQAM est celui qu’on appelle aussi Maqam el hûyiwa par référence au seul mot « HÛ » dernier groupe de son de LA ILLAHA ILA « HÛ » et aussi le mot liturgique de la danse mystique ou Imara, aucune entrave glottique n’empêche ce son de ressortir du plus profond de l’être et de la même manière aucun obstacle de tout ordre ne peut empêcher le Fardani de continuer son Ascension vers NÛR EL HAQ qui est en lui et l’aimante vers le monde que ni les djinns, ni les Anges n’y ont accès. Certains Arrifin l’appellent El Bahr el Moutamtam.

AlDjilli, Qadassa Allah sirrahu, dans son ascension et à l’approche de ce Monde nous dit : « je n’ai entendu que les sons des cloches se percuter ensembles » « Ajras al qûdra. Leur exemple est identique au milliard de spermatozoïdes qui se cognent et se bousculent sur la membrane de l’ovule afin d’accéder à l’existence. L’éducation des Fourada se fait à l’abri de tout regard céleste ou terrestre. Ils n’ont point besoin de Maîtres, leur élection se fait dès leur « kûnh » (existence principielle),leur rencontre avec le Pôle sahibû waqtihi ne se fait que pour authentifier leur Maqam (sunatû Allah fi ilmihi ).Au yeux des profanes, leur comportement est insolite, voire déroutant quant à l’observation des règles religieuses communes (la science khidariya s’investit en eux selon Son Ordre).

A l’approche de la concrétisation de leur Maqam dans la Fardaniya, Ils subissent l’exil mystique pour le voyage initiatique le plus éprouvant. J’ai été ordonné de subir mon exil en Turkestan (ex URSS) en 1976 dans le désert le plus mortel du Karakoum, durant presque une année. J’y est rencontré des êtres étranges, épargné de quelques dangers imminents, un de mes compagnons de voyage, Sidi Abdelkader Bengoua, Radiya Allah anhû perdit la vie dans le redoutable fleuve du Morgab, engloutit dans les sables mouvants, Seul Sidi Abdelkader KHACHAB, le Noir, le redoutable exorciste Radiya Allah anhû, m’aidait à surpasser ces épreuves.

Il est actuellement Sheikh de la Zaouia exorciste de Aîn essefra (Dans le sud algérien)Je vous épargne l’apologie de cet exil, certains croiront que c’est de la pure science fiction.

Un Fardani est seul, IL se suffit à lui par lui-même, à l’image de Dieu, Il absorbe toutes les voies, toutes les sciences, sa compagnie est éprouvante et déroutante mais il peut redonner vie à une voie éteinte (yukhrijû al Hayy mina al mayyit), On le nomme aussi le DHOUKAR, c’est à dire le procréateur. Mais lorsqu’un Fardani pénètre une demeure, il agit sur les âmes en amplifiant leur états : les hypocrites se dénoncent et les Sadiquin s’illuminent d’avantage. C’est comme l’Astre Pluton qui se case dans votre demeure.

Leur Solitude engendre leur extase car leur bipolarité s’est éteinte dans Son Union. Une Nuit de prière fut témoin d’un Dialogue que j’ai eu avec le Seigneur des deus mondes. « tu m’as laissé seul Ô mon Dieu, seul dans ce monde incrédule. En jouis-tu ? » Que me répondit-il, dites-moi Ô vous qui savez parler de Lui, dites-moi quelle a été sa réponse ?

« MOI AUSSI JE DEMEURE SEUL DANS CE MONDE INCREDULE »

Il était lui aussi Fardani

Quant à vous mon cher ami, mon frère, assadiqû, el Mourchid el mou’ataz billah, puisse Notre Seigneur authentifier ta Wilaya et puisse son Ordre rayonner sur L’Orient et l’Occident, vous me posiez une question sur les gens du Khidr, j’avoue que vous m’avez mis dans l’embarras. Et ceci pour deux raisons : la première est que cela rentre dans l’observation du Grand Sirr de la Fardaniya (Ahlu a’tasrif, Ahlu al khatwa, Rijal allah, ahlu alkachf) et la seconde est que je dois vous répondre car, je dirai à la suite de mes maîtres qadassa allah sirrahum : « Hadratuna laysat bi a’wra » Notre Hadra n’est pas à cacher comme les beautés intimes d’une femme.

Soit, je vais parler en paraboles : Dès que l’obédience dans la Fardaniya est accomplie, l’initié, je dis initié et non Mourid est dans deux espaces initiatiques : l’espace du Khidr ( il devient le Moïse de son existence) et donc El Ilm Aladouni est de l’Ordre de la dualité gnostique (bipolarité Moïse /Khidr) et l’espace de la sphère théogène (il est Dieu en lui-même et perçoit sa propre parole) la bipolarité devient auto générative de sa propre parole. Sur le plan des réceptacles, le Fardani voit, écoute, agit dans différents strates de l’Archétype (Dieu/Adam), il lui arrive d’intervenir, d’interférer, de changer même l’Ordre des choses. IL est le Khidr qui tua l’enfant prédestiné à l’enfer puis sauvé ainsi que ses parents, endommagea la barque et reconstruit le mur. Et sur le plan de la substance, Il est Dieu-intervenant dans son propre Ordre. Il faut comprendre que El Khidr n’est que la manifestation contingente de l’Ame de Dieu, IL est lui même Moîse/Dieu. Et lorsque Dieu dit à Moîse (sayidina Mousse saws) « ini ana allah aladi la illaha ila ana…. » Je suis Allah celui qui toute divinité n’est que moi, il dit bien « Ini », sur le plan déictique « Ini » signifie « Moi, ici est maintenant »

Donc, comprends que chaque âme contingente a son propre Khidr, son Ladouni patent. Or le Khidr de l’äme universelle (rûh allah) est tout d’abord ce que les chrétiens appellent le Saint esprit et que les Fourada appellent « kalimat allah wa rûhûn minhû» je dis bien « ruhûn minhû » et non rûh allah. Et c’est la toute la déviation de la gnose chrétienne. (question que j’avais soulevée à mon frère Palavacini et à laquelle je n’ai pas eu de réponse)

Transposons cela sur le plan de l’entendement soufi traditionnel, la clé d’accès au khidr (intellect agent/actif)est le Dhikr. Dans le Hadith Qûdûssi Allah dit : « Ana jalis man dhakarani » ( je suis « l’assis » près de celui qui m’évoque) et je dirai à la suite de mon frère Muhiedinne Ibn El Arabi, « Je suis celui qui m’évoque ». Donc par la seule évocation de Allah, tu es l’âme universelle « qalimatuhu wa ruhun minhû » ton seul souhait dans cet état devient un KÛN dans son royaume (SOIT ET IL FUT) « KÛN RABBANIYAN TA’QÜL LI CHAY’I KÛN FAYAKÛN » Soit divin, tu diras à la chose soit et elle fut, c’est ce qui est arrivé à l’interlocuteur de SALOMON «SAYIDOUNA SOULIMANE SAWS » lorsque dans cet état il ramena le trône de Bilquis, la reine de Saba (mon explication diffère de celle de Ibn Arabi qui l’explique par la réfraction du « Nafass aRahmane ») tu dis les gens du Khidr, moi je comprends les Agents du Khidr. Il m’est arrivé de recevoir la visite du KHIDR alors que j’étais en pleine crise mystique, il ne faut pas s’étonner que ce que j’ai vu était mon pur sosie mais le jour où j’accomplis mon Union avec Dieu, toute autre présence disparaissait devant Sa seule Présence. Comprenant que ma condition unitive était Sa propre condition d’être, j’évitais de me mettre en colère (ridaya bi ridahû wa ghadabi bi ghadabihi) c’est ce qu’on appelle le « Tasrif fi khalqui allah » Quant à l’état du non-Dikhr, dans la sphère des Fourada, je ne saurai pour l’instant te l’expliquer car son Ordre n’a aucune utilité heuristique pour la contingence ici et maintenant. Il faut aussi noter que le Dikr est analogue au Maqam du Dhakir, il est gradué du simple au Idn bi’dikr - tasbih, tahmid, tawhid, salat etafridjiya, Ism alatif, Ism el A’dam et enfin dikr el fourada (siirû hal’ al Fardaniya)-

Hada ma warada ana fi Hadrati’llah

Wa assalam alaykum wa rahmatû allah wa barrakatûhû

Sheikh Abouzaccariya Etilimssani

Lien vers la prière des Fourada

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

setstats 1